C'est désormais officiel, le Conseil de la FIFA a désigné ce jeudi, l'Australie et la Nouvelle-Zélande pour co-organiser la prochaine Coupe du Monde féminine de football, qui réunira pour la première fois 32 équipes. Le prochain Mondial se jouera aux mois de juillet et août 2023, avec un match d'ouverture qui serait programmé à Auckland en Nouvelle-Zélande, et une finale du côté de Sydney en Australie.

 

Après avoir reporté le vote de quelques semaines en raison de la pandémie de coronavirus, le Conseil de la FIFA a désigné ce jeudi 25 juin les pays organisateurs de la prochaine Coupe du Monde féminine. Il n'a fallu qu'un tour de scrutin avec l'Australie et la Nouvelle-Zélande ont recueilli 22 voix parmi les 35 votants du Conseil.

Parmi les membres du Conseil, le président de la FIFA, Gianni Infantino a voté en faveur de la candidature de l'Australie et la Nouvelle-Zélande. À l'inverse, le président de la FFF, Noël Le Graët s'est prononcé en faveur de la Colombie, un vote groupé de l'ensemble des 9 dirigeants européens élus au Conseil (dont le président de l'UEFA, Aleksander Ceferin).

 

Une première pour l'hémisphère Sud et l'Océanie

13 stades répartis dans 12 villes (Sydney compte deux stades retenus dans le dossier de candidatures), sont pressentis pour accueillir l’événement. Leur nombre pourrait néanmoins être réduit, avec certains stades qui ne répondent pas pour le moment aux critères de la FIFA concernant le nombre de places.

Une géographie avec de longues distances puisqu'il faut compter plus de 5000 kilomètres entre Perth (à l'ouest de l'Australie) et Wellington, la capitale de la Nouvelle-Zélande, deux villes où seraient programmés des matches du prochain Mondial. Pour le public hexagonal, il faudra aussi jongler avec les fuseaux horaires, avec jusqu'à 10h de décalage pour les matches qui se joueront en Nouvelle-Zélande.

Le choix de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande constitue une première à de nombreux égards. Ce sera la première fois qu'une Coupe du Monde féminine est co-organisée par deux pays. C'est également la première fois que l'Océanie accueillera la compétition, alors que l'Australie avait déjà accueilli un tournoi olympique en 2000 (remportée par la Norvège), lors des Jeux Olympiques de Sydney.

Premier Mondial dans l'hémisphère Sud, et donc une compétition qui se jouera durant l'hiver austral, les saisons étant inversées entre les deux hémisphères. Pour les joueuses, il faut donc à s'attendre à des températures qui descendront régulièrement sous les 15 voir les 10 °C en soirée, à l'inverse des fortes chaleurs enregistrées lors du Mondial 2019 en France.

 

La candidature « la plus favorable d'un point de vue commercial »

Cette décision de la FIFA d'organiser le Mondial en Océanie constitue tout sauf une surprise pour cette première Coupe du Monde à 32 équipes (contre 24 lors des deux dernières éditions). Cette évolution a probablement participé à rapprocher l'Australie et la Nouvelle-Zélande pour s'assurer de répondre aux critères de la FIFA. Sur le plan budgétaire, le coût de ce Mondial pour les deux pays est aujourd'hui évalué à près de 96 millions d'euros (107,7 millions de dollars), comparés aux 65 millions d'euros annoncés pour la Coupe du Monde 2019 en France.

Plus de dépenses et la FIFA qui met aussi en avant, dans son rapport d'évaluation, le potentiel commercial de la candidature, en termes de revenus liés à la billetterie, de sponsoring et pour les droits TV, alors que les audiences sur le petit écran avaient été l'un des points forts du Mondial en France. Un potentiel commercial notamment lié à la proximité de l'Asie, mais aussi la popularité croissante du football féminin en Australie, devenu en quelques années l'un des pays majeurs de la discipline, tant sur le plan sportif qu'en terme d'engouement du public australien.

L'organisation du Mondial en 2023 intervient par ailleurs à un moment critique pour la discipline en Australie, avec des évolutions encore accélérées par la pandémie de COVID-19. La W-League, le championnat national, s'apprête notamment à prendre une autre dimension, avec une saison plus longue, qui sera désormais organisée de décembre à juillet.

Un choix qui vise à s'émanciper de la NWSL américaine, puisque beaucoup de joueuses évoluant aux États-Unis se servaient de la W-League, comme d'une « deuxième saison », pendant la longue trêve d'octobre à avril. Cela répond aussi à une volonté pour tenter de limiter les départs des meilleures joueuses australiennes vers l'Europe, à l'image de Sam Kerr ou plus récemment d'Ellie Carpenter, qui s'apprête à rejoindre l'Olympique Lyonnais.

 

La plupart des pays candidats s'étaient retirés avant le vote

Avec une candidature officiellement annoncée en juin 2017, l'Australie faisait figure de favorite avant même de fusionner sa candidature avec celle de la Nouvelle-Zélande. Le processus de sélection avait lui été lancé par la FIFA à l'été 2019, après le Mondial en France. Initialement, le nombre de candidatures avait constitué un record (8). Les rangs se sont progressivement clairsemé et au moment du vote final du Conseil de la FIFA ce jeudi, il ne restait plus que la Colombie face à la candidature commune de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande.

Une situation comparable aux deux précédentes coupes du Monde. Pour le Mondial 2019, seule la Corée du Sud restait encore en lice face à la France. Pour le Mondial 2015, le Canada n'avait tout simplement plus de concurrent au moment de la décision finale.

Ces dernières semaines, le Brésil et le Japon avaient retiré leurs candidatures. Le 8 juin, la confédération brésilienne (CBF) avait indiqué qu'elle ne disposait pas de garanties suffisantes du gouvernement sur le plan financier. Une incertitude que la CBF lie à la situation économique du pays, et une possible austérité budgétaire, notamment pour faire face aux conséquences de l'épidémie de COVID-19 qui a fait, à ce jour, près de 54.000 morts dans le pays.

 

Le dossier de l'Australie et la Nouvelle-Zélande avait reçu la meilleure note d'évaluation

Dans le cas du Japon, le retrait de la candidature, annoncé le 22 juin par la fédération japonaise, semble logique, d'autant plus avec le report des Jeux Olympiques de Tokyo à l'été 2021. Ce retrait partait également du constat que la candidature de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande était mieux placée pour l'emporter, à l'issue des rapports d'évaluation qui ont donné une meilleure note au dossier de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande (4,1 sur 5), en comparaison avec le Japon (3,9) et la Colombie (2,8).

En football, l'Australie comme le Japon font partie de l'AFC, la Confédération Asiatique de Football. C'était donc une manière de laisser sa chance au pays le mieux placé, alors que l'Amérique du Sud n'était plus représentée que par la Colombie, après le retrait du Brésil. Une décision de la fédération japonaise qui explique en partie la rapidité du scrutin, avec un seul tour pour parvenir à la désignation du duo Australie-Nouvelle-Zélande pour l'organisation du prochain Mondial.

Hichem Djemai