Après Dijon, dont la section féminine ne repartira pas, et Nice, dont l’avenir reste en suspens, c’est aujourd’hui la section féminine du Stade de Reims qui se trouve fragilisée. À travers leur communiqué, les joueuses rémoises ont exprimé leur tristesse, leur colère et leur sentiment d’abandon.
L’UNFP les a entendues et tient à leur assurer son plein soutien.
Ces situations, qui se multiplient ces dernières semaines, ne sont pas des cas isolés. Elles sont le symptôme d’une crise économique profonde qui traverse l’ensemble du football français. La crise structurelle des droits TV a fragilisé les équilibres financiers de nombreux clubs, contraints à des arbitrages difficiles.
Et ce sont trop souvent les sections féminines qui se retrouvent en première ligne.
L’UNFP ne méconnaît pas les contraintes auxquelles les clubs font face.
Mais nous ne pouvons accepter que des joueuses, qui ont rempli leur mission sportive jusqu’à la dernière journée, soient placées dans une incertitude totale quant à leur avenir, sans avoir eu la moindre prise sur les décisions qui les concernent.
Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’elle survient au moment où la convention collective du football féminin doit prochainement être signée.
Ce cadre, censé garantir aux joueuses une protection enfin à la hauteur de leur engagement, perdrait une partie de son sens si, dans le même temps, les structures qui les employaient venaient à reculer ou à disparaître.
L’UNFP souhaite que cette dernière avancée permette à la LFFP de renforcer le développement du modèle économique de ses compétitions, avec l’arrivée effective des partenaires annoncés, afin d’offrir aux joueuses et aux clubs les perspectives durables qu’ils sont en droit d’attendre.
“S’il faut retenir un point positif de ces situations, c’est que les places laissées vacantes par Dijon, peut-être Nice et Reims, pourront permettre à d’autres clubs, volontaires et ambitieux, de s’engager dans le développement du football féminin.
L’UNFP forme le vœu que ces clubs accueillent les joueuses qui se sont battues pour porter haut les couleurs de structures qui, aujourd’hui, les laissent pour compte”, déclare Fabien Safanjan, vice-président de l’UNFP.
Face aux inquiétudes légitimes exprimées par les joueuses concernées, l’UNFP restera pleinement mobilisée à leurs côtés afin de les accompagner, de les conseiller et de défendre leurs intérêts.
Dagbovi Desiré