Réunie ce samedi à Nice, l’assemblée générale de la Fédération Française de Football a validé la nouvelle pyramide des championnats nationaux féminins, avec notamment la création d’une troisième division nationale, qui vient s’insérer entre la D2 et les championnats de Régionale 1.

 

Cette réforme avait été lancée depuis plusieurs mois, avec une première validation par le comité exécutif de la FFF le 22 mars dernier, avant d’être définitivement adoptée ce samedi à Nice. Cette nouvelle pyramide était attendue par une partie des clubs, avec un débat qui avait été relancé au plus fort de l’épidémie de COVID, alors que les championnats avaient été stoppés au printemps 2020.

 

Une réforme attendue

La FFF avait alors tenté d’échafauder des règles pour définir quelles équipes pourraient monter de Régionale vers la D2. Une méthode et des « règles » jugées « à l’encontre de l’équité sportive, de l’éthique, du développement du Football Féminin » par les dirigeants du club d’Evreux, à l’origine d’une pétition au mois d’avril 2020, justement pour demander la « création d'une Division 3 Féminine par la FFF ».

L’initiative du club normand n’est à l’époque pas isolée. Si cette idée d’une « D3 » est aussi présentée au printemps 2020 comme une possible solution transitoire pour faire face à la désorganisation des compétitions provoquées par le COVID-19, elle répondait aussi à la nécessité de créer un nouvel échelon de compétition.

Celui-ci devait participer à créer des paliers intermédiaires, de manière à constituer des championnats plus homogènes, mais aussi plus accessibles pour les équipes intégrant l’échelon supérieur. Du côté de la FFF, on indique également que cette réforme aura pour « objectif » de « dégager une élite au-delà de la D1 Arkema et de renforcer la structuration des clubs ».

 

La D2 avec un seul groupe

En effet, cette réforme va d’abord aboutir a resserrer la D2, avec un seul groupe de 12 équipes à partir de la saison 2023/2024, contre deux groupes de 12 équipes actuellement. Autrement dit, les six équipes les moins bien classées dans les deux groupes (A et B) la saison prochaine en D2 seront reversées dans cette future D3. Ce resserrement de la D2 se poursuit après la réduction du championnat à deux groupes en 2016.

Douze relégations seront donc à prévoir depuis la D2, et douze montées depuis la Régionale 1 vers la D3, au terme de cette saison transitoire. La nouvelle troisième division sera donc composée de 24 équipes, réparties en deux groupes de douze. Un format qui reprend celui actuellement en vigueur en D2. Cette troisième division sera notamment accessible aux équipes réserves des clubs de D1 et « possédant un Centre de Formation agréé ».

Par la suite, il n’y aura plus que deux montées et descentes entre la D2 et la D3 sur le même modèle de ce qui passe actuellement entre la D1 et la D2. À partir de la saison 2023/2024, les deux premiers de D2 monteront en D1, et les deux derniers descendront en D3, avec d’ans l’autre sens, deux montées de la D3 vers la D2.

La phase d’accession nationale vers la D2, actuellement en cours, sera remplacée par une phase d’accession... vers la D3, qui deviendra la nouvelle porte d’entrée pour les clubs issus de l’échelon régional, alors que six équipes – soit trois par groupe – seraient reléguées de la D3 vers la Régionale 1 à l’issue de chaque saison.

 

Cohérence européenne ?

La création de la D3 apparaît donc comme une réponse aux demandes et aux observations formulées par de nombreux actrices et acteurs sur le terrain. Elle a été reprise ces derniers mois par les instances de la FFF, et notamment par la commission du football féminin de haut-niveau, créée en décembre dernier et actuellement présidée par Jean-Michel Aulas, le président de l’Olympique Lyonnais. Cette troisième division avait par ailleurs disparu en 2010, après huit saisons d’existence, organisée à l’époque sous un format différent, avec quatre poules de dix équipes.

L’évolution proposée par la FFF s’inscrit aussi dans la lignée de réformes similaires opérées chez nos voisins européens. En Allemagne, la deuxième division est passée de deux groupes à un championnat unique en 2018 (14 équipes), de même que l’Italie la même année (12 puis 14 équipes aujourd’hui). Cela sera également le cas en Espagne à partir de la saison prochaine (16 équipes).

En Angleterre, la deuxième division est également à poule unique depuis sa relance en 2014. Elle a été rebaptisée Championship en 2018, au moment où celle-ci devenait un championnat semi-professionnel.

Hichem Djemai