À 35 ans, Wendie Renard reste l’une des défenseures les plus emblématiques du football féminin français. Avec 168 sélections, 39 buts et un leadership incontesté pendant plus d’une décennie, la capitaine de l’OL Lyonnes incarne l’expérience et la rigueur. Pourtant, depuis mai 2025, le sélectionneur Laurent Bonadei a décidé de se passer d’elle pour préparer « l’avenir » des Bleues. Cette mise à l’écart, confirmée pour l’Euro 2025 en Suisse, a suscité incompréhension et débats. Faut-il persister dans cette voie ou rappeler la Martiniquaise au vu des derniers résultats ? 

Le choix de Bonadei s’expliquait par une logique de transition générationnelle. Renard a connu des blessures récurrentes ces dernières saisons. Le sélectionneur souhaite injecter du sang neuf, miser sur la fraîcheur physique et tactique pour gagner l'Euro féminin organisé en Suisse (ndlr : élimination face à l'Allemagne) et viser le Mondial 2027 mais l'aventure s'est depuis compliquée.

Dans le football moderne, le renouvellement est souvent nécessaire pour éviter la routine et maintenir la compétitivité. Laurent Bonadei a opéré des choix qui ne semblent pas produire de bons résultats. Se passer durablement de Wendie dans la situation actuelle de l'équipe de France féminine pose question. À l’OL Lyonnes, elle continue de performer à haut niveau : titularisations régulières, victoires en championnat et en Ligue des champions, leadership intact. Sa taille (1,87 m), son jeu aérien et sa lecture du jeu restent des atouts rares et l'intéressée se dit toujours disponible.

Le retour de Wendie Renard en équipe de France féminine apparaît particulièrement pertinent au regard des lacunes persistantes de la défense des Bleues, surtout dans le domaine aérien. La Lyonnaise reste une référence inégalée dans son rôle avec une saison 2025-2026 maitrisée de bout en bout. Les récentes rencontres, dont le match contre les Pays-Bas où l’égalisation néerlandaise a souligné un manque cruel de hauteur et de marquage sur phases arrêtées, ont mis en évidence des faiblesses structurelles au sein de la défense des bleues. Son expérience et son leadership naturel pourraient apporter la sérénité et la solidité nécessaires en matchs à haute intensité, sans freiner la transition générationnelle voulue par Laurent Bonadei. 

Le sélectionneur des bleues doit désormais opérer des choix forts et espérer un faux pas des Pays-Bas pour espérer reprendre la tête du groupe et décrocher une qualification pour le mondial féminin au Brésil.

 

     Kossigan AGAMAKOU 

 

Crédit photo : L'Equipe