Le PSG connaît son adversaire pour le dernier tour de qualification de la Ligue des champions féminine : l'Eintracht Francfort. Solide troisième force du football allemand, l'écurie de Hesse aborde toutefois cette double confrontation dans un contexte particulier, après un été marqué par un profond dégraissage de son effectif. Qualités, faiblesses, bilan de la saison passée : tour d'horizon complet avant les deux confrontations des 26 août et 2 septembre.

Un habitué du haut de tableau en Bundesliga

L'Eintracht Francfort n'est pas un inconnu de la scène européenne. La saison dernière (2025-26), le club a terminé troisième de la Frauen-Bundesliga avec 51 points, 16 victoires, 3 nuls et 7 défaites en 26 journées, loin derrière le Bayern Munich (74 points) et Wolfsburg (58 points), mais devant Hoffenheim et Leverkusen. Une position qui lui a offert, comme la saison précédente, un ticket direct pour les tours préliminaires de la Ligue des champions.
 
Cette régularité n'est pas nouvelle : le club évolue sur le podium de la Bundesliga depuis plusieurs saisons consécutives, confirmant son statut de meilleure équipe allemande derrière le duo Bayern-Wolfsburg.

Une épopée européenne inédite jusqu'en demi-finale

C'est sans doute l'élément le plus marquant du parcours francfortois l'an passé : sorti dès les qualifications de la Ligue des champions face à une équipe madrilène, le club s'est rabattu sur la toute première édition de la Women's Europa Cup, la nouvelle coupe européenne secondaire de l'UEFA. Et l'aventure a été spectaculaire.
 
Francfort a écarté le FC Nordsjælland en quarts de finale (victoires 4-0 puis 3-2) avant de tomber en demi-finale face au BK Häcken, futur vainqueur de la compétition. Une désillusion nette : 0-3 à domicile à l'aller, puis une défaite 0-1 supplémentaire au retour en Suède, pour un cumul sans appel (1-3). L'équipe avait pourtant réalisé un parcours européen jusque-là invaincu.

Ses qualités : une équipe collective, portée par des joueuses formées au haut niveau

Sur le plan du jeu, l'Eintracht s'appuie traditionnellement sur plusieurs atouts :
Une attaque productive : avec 65 buts marqués la saison passée (3e meilleure attaque du championnat), Francfort n'hésite pas à prendre le jeu à son compte, comme l'a montré son 7-2 infligé à Nordsjælland lors d'un tour de qualification européen.
Une équipe expérimentée à la mentalité de battante, capable de retourner des situations compliquées, comme en quart de finale de la Women's Europa Cup où l'équipe a comblé un déficit pour se qualifier.
Un noyau international : le club a longtemps aligné plusieurs sélectionnées allemandes, suisses et scandinaves, gage d'un vécu de compétitions à enjeu.
Laura Freigang, capitaine et attaquante internationale allemande, reste la référence offensive et le symbole du club, plébiscitée pour sa constance devant le but comme dans le vestiaire.

Ses faiblesses : un effectif largement remanié cet été

C'est le point central à surveiller pour le PSG : Francfort aborde cette double confrontation après un mercato estival particulièrement mouvementé. Le club a vu partir plusieurs cadres qui avaient façonné son identité ces dernières saisons : Géraldine Reuteler (partie à Arsenal), Elisa Senß (transférée au Bayern Munich), Nicole Anyomi (départ vers Londres) et Nadine Riesen ont toutes quitté l'effectif à l'intersaison, soit huit départs au total pour seulement cinq arrivées à ce stade.
 
Concrètement, cela signifie que l'équipe qui affrontera Paris n'est plus tout à fait celle qui a atteint les demi-finales de la Women's Europa Cup au printemps. Une recomposition qui peut se traduire par :
un manque d'automatismes en tout début de saison ;
une adaptation nécessaire pour les recrues (Larissa Mühlhaus en attaque, Paulina Krumbiegel sur les ailes) ;
une dépendance plus marquée à quelques individualités, notamment Laura Freigang, dont l'avenir au club a lui-même fait l'objet de spéculations ces dernières semaines.
Autre point de vigilance : la défense francfortoise, sans être perméable, n'a pas toujours été hermétique face aux meilleures attaques (43 buts encaissés en championnat la saison passée, un total supérieur à celui de Wolfsburg ou du Bayern).

Ce qu'il faut retenir avant la double confrontation

Francfort reste une valeur sûre du football allemand et une équipe rompue à la compétition européenne, portée par un projet cohérent depuis plusieurs saisons. Mais l'ampleur du renouvellement estival de son effectif introduit une vraie part d'incertitude, à un moment charnière de la préparation. Pour le PSG, qui sort lui-même d'une saison européenne décevante, l'occasion est réelle de profiter d'une équipe allemande encore en pleine reconstruction collective.
AGAMAKOU Kossigan