Hier, en conférence de presse, Patrice Lair est revenu sur le match retour de ce soir face au LSK Kvinner et du défi qui attend le Paris Saint-Germain, qui doit remonter deux buts pour espérer se qualifier pour les huitièmes-de-finales. Une échéance que le coach parisien a voulu dédramatiser, tout en ré-affirmant sa confiance vis-à-vis de ses joueuses et de leur capacité à remporter ce 16e de finale ce soir au stade Charlety. La réponse dans quelques heures...

 

Par rapport au match, vous aviez fait une introspection de l’équipe du LSK Kvinner, donc est-ce que c’est l’équipe qui a négligé l’adversaire ou ce sont des faits de match qui définissent cette défaite ?

Patrice Lair: Non, non, on a pas du tout négligé l’adversaire, j’avais averti mon groupe que c’était une très bonne équipe, une équipe de qualité, qui avait déjà fait des bons résultats, qui avait déjà inquiété des grands d’Europe. La saison dernière, Francfort était au penalty face à cette équipe. Vraiment de qualité, un bon milieu de terrain, une bonne finisseuse, [Isabell] Herlovsen devant. J’ai pas été trop trop surpris, en plus un public derrière l’équipe.

On a juste manqué d’un petit peu de caractère lorsqu’ils [sic] ont égalisé. Je pense qu’on a reculé , on a un petit peu perdu les pédales, parce qu’on a aussi des joueuses qui ont pas l’expérience de la Ligue des Champions. Pour avoir eu la chance de l’avoir remporté deux fois avec l’OL, je sais qu’il faut un groupe expérimenté et malheureusement on a pas su faire [face] à (...) cette pression du public et aussi cette déferlante... on a aussi fait des erreurs de marquage peut être de jeunesse aussi.

Mais deux buts à remonter... On a marqué le but qui était important à l’extérieur aussi, donc [ce soir] je pense qu’on va se qualifier. On a tous les atouts, on le prépare. Je pense que de ce côté là, on évolue au niveau du mental. Moi j’ai pas d’appréhension, [ce soir] je sais que mon groupe va réagir, j’espère qu’on va se qualifier et je sais très très bien qu’on a pas une équipe pour gagner la Ligue des Champions cette année.

 

Comment inscrire ces deux buts d’écart, comment renverser la vapeur ?

P.L : Bah déjà tenter quelque chose tactiquement pour gêner cette équipe, foutre une pression. Essayer de marquer assez rapidement et après aussi d’être intelligent, pas continuer forcément d’aller à l’abordage, d’être bien en place aussi pour pouvoir marquer un deuxième but surtout pas en prendre. Si on gagne 2-0, y’a pas de soucis, on sera qualifié. Même si on prend un but faudra en marquer un troisième but. Tout est jouable, tous les scénarios, c’est à nous de les préparer et d’être capable de renverser la vapeur. J’essaye d’amener mon  groupe avec l’aide du staff pour les persuader que [ce soir] c’est possible.

Tu évoqué la jeunesse de ton effectif , justement qui manque de caractère. Comment faire pour que ce mental passe du bon côté ?

P. L: Bah c’est toujours pareil, faut les rassurer, faut travailler aussi cet aspect là. Je pense que cette équipe malheureusement avec les années antérieures mentalement a eu des soucis. L’année dernière le groupe était très riche en individualité, avec beaucoup de joueuses mais ca n’a pas empêché de prendre 7-0 sur une demi-finale de Ligue des Champions. Aujourd’hui, on est un peu plus faible je pense quand même. On a un effectif en construction mais je suis confiant parce que je suis quelqu’un de toujours optimiste , je vais toujours de l’avant et [ce soir] on ira de l’avant et on fera tout pour renverser la vapeur.

Un point sur les blessées. Marie-Laure, je pense qu’elle est out, c’est la cuisse. Est-ce que Cristiane est de retour ?

P.L : Cristiane était obligée de repartir la semaine dernière au Brésil pour le décès de sa grand-mère. Je pense que la famille passe avant le football et je l’ai laissé retourner là-bas. Maintenant c’est sur que je me suis peut être privé d’une joueuse mais je pense que c’est important aussi des joueuses [qui soient] prêtes mentalement et malheureusement la semaine dernière, Cristiane n’était pas apte à mon avis de faire un match de haute compétition.

Est-ce qu’elle va jouer ce match retour ?

P.L : Elle sera là, elle va jouer, elle va se préparer avec nous. Elle est rentrée dimanche, je lui ai demandé d’être là au match contre Metz dimanche, surtout par rapport au décalage horaire. Elle sera prête  et j’ai besoin de cette joueuse là parce que comme je vous ai dit, j’ai un souci de ce côté là, d’expérience et [ce soir] je vais pas me priver d’une joueuse comme Cristiane.

Est-ce que le public peut faire la différence , des supporters qui soient derrière vous pour un soutien ?

P.L : Quand on voit le stade, on peut avoir 20.000 spectateurs, nous, on aura pas de pression. Non, non, je vous l’ai toujours dit, ce stade pour moi n’est pas un stade. [Ce soir] on peut peut être avoir 3/4000 spectateurs. Malheureusement, je suis venu voir l’équipe de France cette année dans ce stade, 6/7000, ça n’a aucun impact parce qu’on est pas près du terrain, y’a une piste, c’est pas un stade, c’est un stade de meeting. C’est pas un stade qui va nous favoriser, contrairement aux norvégiennes, qui avaient un deuxième élément important, le public la semaine dernière mais j’espère quand même que les gens vont venir en masse au match pour venir nous supporter, surtout voir l’équipe du PSG se qualifier.

Cet été, Patrice, les dirigeants ont présenté cette saison comme une “transition”, un mot que tu n’aimes pas trop. Demain en cas d‘élimination est-ce que tu le vivrais comme un échec ?

P.L : Non, franchement, non parce que je connais la force de ce groupe. Pour l’instant on avance, [il] faut d’abord se construire au niveau national, essayer d’abord de gagner un titre au niveau national, avant peut être d’aller prétendre chercher une Ligue des Champions. Aujourd’hui, y’a un club qui est inaccessible, c’est l’Olympique Lyonnais, qui a peut être deux équipes pour jouer la Ligue des Champions et pour moi c’est pratiquement mission impossible de gagner la Ligue des Champions. Naturellement ça ferait tâche par rapport à l’ambition du PSG mais j’ai des dirigeants qui sont quand même intelligents, qui sont venus voir le match en Norvège, qui ont vu que, quand même, on avait quelques lacunes. Mais j’espère qu' (...) on va être capable d’être très forts mentalement et qu’on va pas (...) voir un petit manque d’expérience, (...) un petit manque d’efficacité. J’y crois, les joueuses y croient, Kat y croit et [ce soir] on va faire plaisir à notre public si on se qualifie.

Ton message ça va être ça : y croire, être positif ?

P.L : Oui, faut être positif parce qu’on fait un début de saison, même si on a pas joué les grosses équipes du championnat, qui est plus que positif, c’est le cas de le dire. Y’a beaucoup de jeunes joueuses. La semaine dernière, des jeunes joueuses comme Lina Boussaha, Sandy Baltimore qui à 16/17 ans et qui ont joué. Il faut être patient un petit peu mais on reste quand même performant. Si [ce soir] on se qualifie, bah ça sera un début de saison plus que positif. On va le faire et moi je crains pas ce match, on va le jouer à fond et je veux surtout qu’on sort du terrain en ayant tout donné et surtout [donner] une belle image du Paris Saint-Germain.

 

Dounia MESLI