Tout juste après leur victoire 2-1 face au PSG pour le compte du match retour de Champions League, Selma Bacha et Sonia Bompastor ont réagi aux questions des journalistes.

 

Selma Bacha

Journaliste - Selma quelle est ta réaction après cette qualification, décisive sur les deux buts ?

Très heureuse pour la qualification, en plus Paris est une équipe très dure à jouer chez elles, avec un super stade, magnifique, des supporters au top... Maintenant on a fait le boulot, on s'est qualifiées pour la finale, à présent il nous reste encore la finale à aller chercher, mais en tout cas très heureuse, ça va être très important la récupération.

 

Journaliste - Selma, est-ce une bonne chose de jouer contre le Barca, qui avait pris le dessus l'année dernière, pour récupérer votre titre en Coupe d'Europe et se mesurer à ce qui se fait de mieux sur la scène européenne ?

On travaille depuis le mois de juin-juillet, c'est une année de reconquête, bien sûr ça me fait plaisir d'aller en finale, et encore plus contre Barcelone, car c'est vraiment une bonne équipe, elles ont beaucoup de qualité, mais on a des qualités pour aller "reprendre ce trophée là" entre guillemets.

 

Journaliste - Sur l'égalisation de Paris, Lyon est resté solide et a réussi à reprendre les choses en main, sans encaisser, tout en allant chercher le deuxième but. Est-ce que c'est ça aussi la force de votre équipe cette année ? 

La coach nous avait dit qu'il fallait rester calmes, même si c'est vrai que sur le terrain on ne s'entend pas trop avec les supporters, mais ce qui est bien c'est qu'on a gardé notre calme, à 1-1 on n' a pas eu peur de jouer, et au final on est récompensées par un deuxième but, et ça nous a fait du bien.

 

Journaliste - On t'a vu chambrer un petit peu les Ultras parisiens à la fin, ce sont les chants un peu insultant qui t'ont agacé ou c'est juste le fait d'apporter un peu de répondant ? 

Non pas du tout, pas de répondant, mais j'aime mon club, et c'est vrai que c'est toujours une rivalité de jouer contre Paris. Et ce n'était pas chambrer, mais j'étais vraiment contente, et c'était en aucun cas pour les chambrer, car ils ont été vraiment top malgré leurs chants, qui étaient un peu abusés parfois. Mais en tant que joueuse ça me renforce, j'aime bien.

 

Journaliste - Qu'est-ce que ça représente le Barca aujourd'hui en Europe, sur l'évolution de cette équipe, c'est une place forte du football européen maintenant ?

Oui exactement. C'est une équipe qui fait évoluer le foot européen, on le voit notamment par leur jeu, il est similaire aux garçons, elles remplissent les stades et ça peut être qu'un exemple, et on y va doucement mais sûrement, le foot féminin est entrain de progresser et j'en suis très fière en tant que joueuse.

 

Journaliste - Vous espérez attirer beaucoup de supporters pour faire le déplacement à Turin ?

On fera tout pour, en tant que supporter, quand j’entends Lyon-Barcelone en finale de Champions League, c'est un beau match à voir, donc j'espère qu'il y aura beaucoup de monde, j'espère que le stade sera rempli, avec la victoire au bout.

 

Sonia Bompastor

Journaliste - Une qualification pas facile à aller chercher, comment tu analyses ce match ?

Mon analyse sur l'ensemble des deux matches c'est qu'on mérite cette qualification en finale, on a été capables sur les 180 minutes, d'inscrire 5 buts quand même à cette équipe de Paris, qui est une belle équipe, avec collectivement beaucoup d'automatismes, et aussi de fortes individualités. 

C'est une vraie performance d'avoir pu marquer tous ces buts, dans un contexte différent, a l'extérieur, avec des supporters qui ont bien poussé cette équipe parisienne, de jouer, en s'appuyant sur notre expérience. Il fallait bien analyser les espaces du bloc parisien et les moments du match où on aurait eu les opportunités pour jouer [nos coups] et les moments où il fallait d'abord sauter ce pressing, qu'elles font très bien, pour dans un second temps les mettre en difficulté. 

Je suis assez fière de la performance de mes joueuses. A la mi-temps je pense qu'on peut revenir avec un avantage de deux buts, avec cette occasion de Delphine [Cascarino]. On laisse encore un petit peu d'espoir à cette équipe de Paris, et effectivement sur la deuxième mi-temps, ce que j'ai beaucoup aimé de mon équipe, quand elles sont revenues au score, à 1-1, il a fallu faire preuve de beaucoup de mental, de force de caractère aussi, pour justement résister à la fois à la pression parisienne et on a eu beaucoup de mental face aux supporters.

 

Journaliste - Sur la prestation de Christiane Endler

Collectivement on a fait une belle performance, et quand collectivement on est ensemble, solidaire, ce sont des choses qu'on avait préparé dans la semaine, parce qu'on savait que dans la préparation de ce match, et dans ce que les joueuses allaient vivre ce soir, il allait forcément falloir être connectées entre elles, qu'il fallait être costaud quand on avait le ballon, mais aussi pour défendre, parce que la menace parisienne était permanente et effectivement quand le collectif brille, le contexte est plus favorable pour briller individuellement. Et c'est vrai qu'on a vu que Christiane avait démontré tout son talent, et aussi sa classe mondiale sur les arrêts qu'elle a eu à faire.

 

Journaliste - Sur Ada Hegerberg qui est de retour par rapport à la saison dernière où elle a été absente, qui a fait la différence et qui a marqué

Oui Ada comme d'autre dans l'effectif, mais effectivement, elle fait partie de mes leaders, leaders mentaux de l'équipe, elle a fait un match très courageux, avec énormément de générosité, et sur cet aspect-là, c'est une joueuse qui est exemplaire et qui est moteur pour l'équipe. 

 

Journaliste - L'année de la reconquête ?

On avait en début de saison 3 objectifs, on a perdu la Coupe de France, aujourd'hui on est encore en lice pour le championnat et la Champions League, mais on a encore rien gagné, il nous reste du travail. Lyon est une équipe qui a beaucoup de talents et un club très ambitieux, donc forcément on a envie d'atteindre ces objectifs. Mais on aura face à nous une belle équipe de Barcelone, et un bel adversaire en championnat avec le Paris FC, qui réalise une très belle saison. Forcément on est en bonne position pour pouvoir valider les choses, mais il nous reste encore du travail et face à de beaux adversaires. 

Le foot féminin progresse, à nous aussi de garder ce temps d'avance pour aller chercher ces titres, mais il faut beaucoup travailler pour cela.

 

Journaliste - Il y avait beaucoup de monde pour soutenir le FC Barcelone en Champions League, est-ce que la finale ça sera aussi l'occasion de montrer la force de Lyon ?

Pour l'instant on va déjà savourer notre qualification, après bien évidemment que Barcelone est une très belle équipe. J'ai encore vu leur demi-finale face à l'équipe de Wolfsburg, chez elles, où elles ont complètement dominé l'adversaire, mais j'ai aussi vu un match retour, pas tout le match, mais une bonne partie, où elles perdent 2-0 face à une équipe allemande de Wolfsburg. On avait nous mêmes été en mesure de les battre cet été en préparation lors d'un tournoi qu'on avait effectué à Portland, 3-2, donc c'est forcément une équipe qui a beaucoup de forces et on les respecte énormément, mais je pense que de notre côté, avec notre expérience, le talent de nos joueuses, on est capables sur une finale d'aller chercher ce trophée.

 

Journaliste - Est-ce que vous avez un coach mental pour aider l'équipe à aller dans ce sens ?

Oui j'ai souhaité cette saison travailler avec un coach mental, et avec une personne qui accompagne la cohésion et la dynamique de notre groupe, parce que ce sont des éléments qui sont très importants. Une saison c'est long, il faut à mon niveau aussi être capable de manager l'ensemble du groupe, des joueuses qui jouent, des joueuses qui jouent moins, des choix à faire par moment dans la saison, et si on veut aller au bout et atteindre nos objectifs, on a besoin de tout le monde, donc c'est important d'avoir des personnes qui sont expertes dans ces domaines-là, de l'accompagnement mental, notamment individuellement sur la notion de confiance pour les joueuses. Mais aussi à mon niveau dans l'accompagnement, du management, la dynamique et la cohésion de l'équipe. C'est quelque chose que j'ai souhaité et je pense que c'est très important au très haut niveau.

 

Journaliste - Il y a trois ans vous aviez largement dominé votre adversaire de Barcelone, est-ce que c'est d'adversaire que vous vouliez en finale, pour pouvoir peut-être marquer un coup en les battant en finale ?

Non on avait pas forcément d'adversaire favori, le plus important quand on dispute une finale c'est de la remporter peu importe l'adversaire. Maintenant bien évidement que vous les journalistes en cas de victoire finale vous ferez cette comparaison et vous pourrez commenter par rapport à cela. On est concentrés sur le fait de pouvoir aller disputer cette finale avec un état d'esprit conquérant et de la gagner.

Dounia MESLI