Après PSG/Linkopings pour le compte des 1/4 de finale retour de Ligue des Championnes (victoire 3-2; 5-2 cumulé), Olivier Echouafni a réagi sans langue de bois sur cette victoire plutôt mitigée, avec ces deux buts encaissés sur coups de pied arrêtés, qui ont du mal à passer.
Votre sentiment sur...
On est qualifiés stop. Il y a rien d'autres à dire, dans le sens où je ne peux pas être content et satisfait de ce qu'on a produit. On a pas joué un match de Coupe d'Europe, on a joué un match de championnat.
Un match de Coupe d'Europe, c'est ça [le contre-exemple, ce qu'il ne faut pas faire], on se relâche, on a fait 2-0 au match aller, au match retour, tranquille, c'est quoi ça ?
On est dans une phase de construction, de groupe, d'équipe, avec de jeunes joueuses, aujourd'hui on s'est aperçu qu'on manquait d'expérience. Donc je ne peux pas être content de ça, même s'il y a la qualification au bout. Bravo à l'équipe de Linkopings qui a fait son match, qui a fait ce qu'il fallait pour essayer de nous mettre en difficulté. On s'en sort très bien en première mi-temps, on a été très efficace, très réaliste, stop.
Coeurs de Foot - Qu'est-ce qu'on dit justement à ces joueuses dans cette première période, parce que le premier but à tardé. Est-ce qu'on les encourage ou on les remet en question ?
Quand on est sur le bord du terrain c'est toujours difficile, on encourage bien sûr, on essaye de corriger ce qu'il y a à corriger. Mais il est vrai qu'à un moment donné, elles doivent se prendre en main, elles doivent se responsabiliser, trouver les solutions. Nous on leur donne beaucoup d'informations, avant le match, pendant le match ça leur appartient. La seule joueuse qui a réellement tenue le cap, c'est Formiga, 40 ans, bravo à la capitaine pour ce qu'elle incarne, bravo pour ce qu'elle est, elle montre véritablement l'exemple.
Le discours à la mi-temps
Y'a eu aucun propos particulier (visage surpris et étonné), on leur a juste expliqué qu'elles avaient fait en une mi-temps on va dire, sur la première partie elles n'étais pas rentrées dans le match, et une deuxième partie à partir du moment où on a marqué ce but [à la 30e minute sur un contre son camp] ça nous a un peu plus libérés. Mais on a été piqués encore dans notre orgueil. On est toujours dans la réaction et pas dans l'action. C'est à partir du moment où on a eu les occasions contre nous, qu'on a commencé à aller de l'avant et commencé à jouer réellement.
Coeurs de Foot - On a eu l'impression tout de même qu'il y a eu une prise de conscience après le match contre Guingamp dimanche dernier (glané 1-0) avec ces deux premiers buts en première période ?
Oui, ça a redonné confiance ces deux buts mais à ce niveau là, on doit être hyper rigoureux sur tout, et à tous les niveaux et on l'a pas été.
Sur les coups de pied arrêtés
Le point positif c'est qu'enfin on marque sur coups de pied arrêtés, ça c'est assez positif, on a des joueuses d'assez bonne qualité. On a des joueuses qui sont bonnes de la tête. A partir de là il faut trouver la bonne coordination, entre celle qui frappe et celle qui réceptionne le ballon. Il nous manquait ça, et là aujourd'hui on l'a trouvé, donc c'est le seul petit point positif avec la qualification.
Coeurs de Foot - Est-ce que selon vous on retrouve les schémas tactiques que vous travailler à l'entraînement ?
On en retrouve certains mais pas assez à mon goût encore. Dans l'utilisation du ballon, on doit faire mieux, dans les orientations de jeu, on doit faire mieux, dans les orientations de jeu on doit faire beaucoup mieux, et c'est surtout voir avant et jouer de l'avant, ne pas avoir peur, avoir confiance. Moi je leur dis dès que je peux, de jouer de l'avant, si elles ratent leur passe, je le prends même sur moi, ça ne me pose aucun problème, mais au moins elles tentent. L'objectif c'est de tenter, après ça marche, ça ne marche pas peu importe mais au moins elles tentent.
Coeurs de Foot - Il faut être plus agressives selon vous ?
Oui après plus agressives sur le plan défensif, plus méchantes, Formiga montre l'exemple, à tous les niveaux, sur le plan défensif, sur le plan offensif, elle fait ce qu'il faut.
Coeurs de Foot - Et il y a une joueuse qui a aussi fait ce qu'il faut, c'est Katoto avec son doublé, son troisième but avec celui à l'aller. C'est une joueuse clé du PSG ?
C'est l'une des joueuses clé oui, c'est une joueuse qui est en confiance, c'est une joueuse qui se pose peut être un petit peu moins de questions. Elle vient d'être sélectionnée en A pour la première fois, c'est que quelque part elle travaille bien et elle mérite d'y aller.
Coeurs de Foot - On dirait qu'elle n'a pas besoin de faire beaucoup d'efforts pour être décisive au sein de l'équipe ?
Oui mais elle fait un gros travail déjà sur elle et à partir de là elle essaye de se montrer de plus en plus forte, avec une envie de vouloir marquer. Elle doit être une vraie tueuse devant le but et elle l'est et c'est ce qu'on lui demande.
Coeurs de Foot - Comment vous voyez cette première sélection pour elle ? Est-ce que c'est le plus finalement pour elle ?
Laissez-là découvrir déjà le groupe et on fera peut être un point quand elle rentrera, mais il faut qu'elle joue avec ses qualités, elle a beaucoup de qualités, et qu'elle ne se pose pas trop de questions, parce que lorsque l'on se pose des questions finalement, on ne fait pas les choses comme il faut.
Coeurs de Foot - A l'heure de jeu on a senti que vous vouliez gérer le match en faisant sortir Katoto et c'est à ce moment là que les deux buts de Linkopings sont arrivés finalement ? Vous avez du mal à les avaler on a l'impression ?
Mais ce n'est pas que les deux buts, c'est l'ensemble du match, on a été intermittent dans l'utilisation du ballon et le fait de vouloir peut être se reposer sur nos buts d'avance, c'était plus énervant qu'autres choses. Je pense que l'idée c'était de repartir avec l'envie bien sûr de gagner, on l'a fait, on s'est qualifiés mais dans le jeu, on a pas montré ce qu'il fallait. On a manqué d'agressivité, on a manqué de beaucoup de choses.
Coeurs de Foot - C'est la manière que vous vouliez ?
La manière... L'état d'esprit [plutôt]. Je veux voir un état d'esprit, et un collectif, je n'ai pas besoin de voir trop d'individualités finalement. Les individualités elles font gagner l'équipe, mais on doit être tout le temps dans le collectif.
Dounia MESLI
