Dans l'émission Rothen s'enflamme, Hervé Renard, ancien sélectionneur de l'équipe de France féminine de football, a livré une analyse sans concession sur les défis du foot féminin en France.
Interrogé sur les raisons pour lesquelles les Bleues, malgré un potentiel reconnu, peinent à remporter des titres majeurs internationaux, Renard pointe du doigt un "plafond de verre" persistant.
« On a une bonne équipe de football féminin mais il y a des manques » déclare-t-il,
soulignant que la France est dépassée par des nations comme l'Angleterre, qui a accéléré son développement et se positionne désormais devant. Selon Renard, le principal frein réside dans le manque d'investissements.
« Certainement parce qu'il n'y a pas assez d'investissements. Ça n'intéresse pas assez les sponsors », explique-t-il. Sans fonds conséquents, les infrastructures et le développement stagnent. À part M. Aulas qui a démarré il y a quelques années avec une conviction que ça va marcher', il n'y en a pas beaucoup qui l'ont fait » ,
regrette-t-il. Pourtant, la formation française est solide, avec de plus en plus de joueuses attirées par des clubs comme l'OL Lyonnes ou partant à l'étranger.
Renard évoque aussi un désintérêt général du public et des médias, trop focalisés sur le football masculin.
"Les gens ne sont pas assez passionnés par le football féminin. Trop dans la comparaison du foot masculin. Les clubs de Ligue 1 sont souvent réticents à prêter leurs stades principaux aux équipes féminines, les reléguant sur des terrains annexes qui nuisent à la visibilité et à la professionnalisation. Quand vous jouez sur un terrain annexe, ça ressemble plus à la nationale qu'à un championnat professionnel ».
Malgré ces obstacles, des signes d'espoir émergent. L'arrivée d'Aulas à la fédération et la volonté affichée par Philippe Diallo pourraient changer la donne, mais "entre la volonté, il faut aussi des budgets assez conséquents". L'engouement autour de l'équipe nationale lors de grandes affiches, comme au Parc des Princes ou au Groupama Stadium, prouve un potentiel.
Renard conclut sur une note optimiste : "Il y aura d'autres échéances. Il faut persévérer." Pour briser ce plafond de verre. »
Propos recueillis dans l'émission Rothen s'enflamme
