A l'issue des deux premiers quarts-de-finales disputés aujourd'hui à Port-Moresby, le Japon et la Corée du Nord sont les deux équipes à avoir d'ores-et-déjà validé leurs qualifications. L'Asie qui aura donc deux représentantes dans le dernier carré, et une confirmation pour ces deux pays qui s'étaient déjà retrouvés le mois dernier en finale de la Coupe du Monde U17.

 

La Corée du Nord peut-elle réaliser un incroyable doublé ? Un mois après avoir remporté la Coupe du Monde U17 en Jordanie, les U20 nord-coréennes pourraient elles aussi rafler le titre dans une catégorie où la Corée du Nord est la seule équipe asiatique à avoir remporter le titre en 2006.

 

Corée du Nord – Espagne, le match des épouvantails

En quart, les Nord-Coréennes avaient droit à un premier test face à l'Espagne. Une équipe redoutable en jeunes, régulièrement placée dans les grands tournois et qui en Papouasie est parvenue à piéger le Japon en phase de poules. Pourtant, battues lors de la dernière journée de poules face au Nigeria, l'Espagne a perdu sur le fil sa première place du groupe B au profit du Japon.

Pour les deux équipes, ce quart n'était donc pas un cadeau. Et dans ce match l'Espagne a rapidement accumulé rapidement les regrets. D'abord sur une reprise ratée de Nahikari Garcia dans les six mètres coréens. Sur un centre d'Andrea Falcon côté gauche, l'attaquante de la Real Sociedad juge mal la trajectoire et envoie le ballon au-dessus du but alors qu'elle semblait idéalement placée (10e).

 

C'est ensuite sur coup de pied arrêté que l'Espagne se fait piéger par deux fois. Des erreurs défensives qui profitent à la Corée du Nord qui marque d'abord par Ju Hyo Sim sur corner à la 18e minute. Une tête décroisée au premier poteau qui finit sa course dans le petit filet opposé au milieu d'une défense de zone approximative de la part de la Roja. A la demi-heure de jeu, c'est sur coup-franc que la Corée fait le break. Un long ballon depuis le milieu de terrain côté gauche, et qui parvient dans la surface côté droit. Ri Hyang Sim se retrouve étrangement seule et à le temps d'ajuster Maria Quinones (30e).

 

Le rachat de Nahikari n'aura pas suffi

L'Espagne parvient pourtant à revenir rapidement dans la rencontre. C'est Nahikari Garcia qui réduit d'abord l'écart. Suite à une demi-volée puissante d'Andrea Falcon aux 16 mètres, le ballon est repoussé par Kim Myong Sun dans sa surface et Nahikari Garcia surgit pour reprendre du pied gauche (38e). En seconde période, l'Espagne revient même à hauteur par Lucia Garcia. La joueuse de l'Athletic Bilbao qui profite encore d'une frappe d'Andrea Falcon repoussée difficilement par la gardienne nord-coréenne. Revenu dans l'axe à l'entrée des six mètres le ballon est repris du gauche par Lucia Garcia, arrivée lancée (63e).

 

2-2, c'est le score final à l'issue des 90 minutes. En prolongation le match tourne finalement à l'avantage des joueuses nord-coréennes qui marquent à la 106e minute par Kim Phong Hwa. Un but inscrit à la suite d'un corner pour la Corée du Nord et repoussée une première fois par Maria Quinones. Le ballon revient dans les pieds de Kim Phong Hwa à l'entrée de la surface et qui parvient à se mettre en position de frappe malgré la présence de Lucia Garcia. La milieu de terrain coréenne place le ballon au ras du poteau gauche et trompe la gardienne espagnole qui semblait légèrement en retard (106e).

3-2 pour la Corée du Nord, c'est le score final et la sélection de Hwang Yongbong est la première équipe qualifiée pour les demis, et ce pour la deuxième édition d'affilée. Mardi, en demi-finale, la Corée retrouvera le vainqueur du match États-Unis – Mexique.

 

Le Japon joue et gagne

De son côté, le Japon a de nouveau montré sa qualité collective lors de son match face au Brésil. Les joueuses sud-américaines qui ont rapidement accepté la domination japonaise même si elles sont longtemps parvenues à mettre en échec les actions offensives japonaises. La première situation dangereuse pour le Japon est d'ailleurs la conséquence d'un centre mal ajusté d'Asato Miyagawa mais qui vient heurter la barre transversale de Carla, la gardienne brésilienne (18e).

Peu d'occasions, mais malgré tout le Japon qui se rapproche du but brésilien avec par exemple ce coup-franc de Yuka Momiki aux 18 mètres qui passe à droite de du but brésilien (32e). Même sort pour la frappe de Mami Ueno à la 41e minute.

En fin de première période, le Japon parvient pourtant à mieux combiner dans le camp brésilien. C'est d'abord avec Hina Sugita, qui accélère dans l'axe et parvient à progresser dans la défense adverse en s'appuyant sur Momiki, sa frappe croisée aux 16 mètres est finalement captée par Carla (45e). Mais quelques instants plus tard, dans les arrêts de jeu, le Japon réussit à trouver l'ouverture.

Sur une action partie du camp japonais, le ballon parvient côté gauche vers Yui Hasegawa. La numéro 8 japonaise qui voit deux appels devant elle et choisit de servir Momiki partie dans le dos de la défense brésilienne dans la surface sur la gauche. Momiki parvient ensuite à centrer en retrait, un centre que ne peut reprendre Ueno au premier poteau. Le ballon navigue dans la surface, légèrement dévié par Lais et Miyabi Moriya est la première sur le ballon au deuxième poteau et l'envoie au fond des filets (45+2).

 

Une entrée fracassante pour Matsubara

Au retour des vestiaires, le premier changement est japonais avec Mami Ueno remplacée par Shiho Matsubara. Un choix d'Asako Takakura qui peut sembler surprenant mais qui va se révéler payant. Dès la 50e minute, le Japon double la mise, à nouveau sur un bon mouvement collectif. Momiki sert Moriya côté gauche qui adresse un très bon centre à ras de terre vers les six mètres brésiliens et Matsubara vient tacler le ballon au deuxième poteau (50e). Deuxième but pour le Japon, et un match qui semble désormais hors d'atteinte du Brésil qui ne parvient plus à contenir les mouvements japonais.

Une impuissance qui se traduit par des gestes d'énervement et des fautes évitables. Deux joueuses brésiliennes sont averties dans le quart d'heure qui suit le deuxième but japonais, à un moment où les joueuses de la Seleçao semblent s'être résignées à quitter le tournoi. Matsubara de son côté se montre virevoltante, multipliant les tentatives. A la 64e minute, elle voit sa frappe croisée passée tout près du poteau gauche de Carla, battue sur cette action.

Deux minutes plus tard, le Brésil est enfin présent dans la surface adverse avec une tête de Victoria, non cadrée, mais qui sort les Auriverdes de leur mauvais quart d'heure. Un bon signe et puis Matsubara vient ajouter un troisième but pour le Japon. Sugita sert Miyagawa côté droit qui centre ensuite dans la surface. Le ballon parvient à Matsubara au deuxième poteau. Elle contrôle de la poitrine, feinte une première fois la frappe, puis envoie le ballon sur la gauche de Carla et trompe la gardienne brésilienne (68e).

 

Une demi-finale Japon-France ?

Sans geste exceptionnel, cette action illustre la maîtrise technique et l'emprise du Japon sur cette rencontre. Elle illustre aussi le rôle d'Hina Sugita maître d’œuvre discrète de cette sélection japonaise. Meilleure joueuse de la Coupe du Monde U17 remportée par le Japon il y a deux ans, on la retrouve sur ce match au départ des trois buts japonais. Dans les minutes qui suivent le troisième but, les joueuses nippones se lâchent, multipliant les gestes techniques. Un spectacle qui a pour effet de faire chavirer le public de Port-Moresby pourtant acquis à la cause du Brésil en début de rencontre.

 

La fin de match est aussi marquée par la réduction du score du Brésil. Un penalty généreux transformé à la 91e minute par Gabi Nunes, meilleure buteuse brésilienne sur ce tournoi. Egalement dans les arrêts de jeu, Hasegawa trouve la barre transversale avant que Matsubara ne vienne buter sur Carla, bien placée devant sa ligne (94e).

3-0 et le Japon emporte ici une victoire logique. Les Nadeshiko se préparent désormais à rencontrer l'équipe vainqueur du match Allemagne-France prévu demain matin, avec dans tous les cas une très belle affiche en perspective.

Hichem Djemai