Le PSG s'est imposé 1-0 face au FC Barcelone lors du quart-de-finale retour de la Ligue des Champions disputé mercredi soir à Charlety. Une victoire sur la plus petite des marges et qui permet aux Parisiennes de se qualifier pour les demi-finales où elles retrouveront l'Olympique Lyonnais.

En amont du quart-de-finale entre Paris et Barcelone, on pouvait imaginer une confrontation à sens unique avec un Paris dominateur capable de prendre rapidement la mesure d'un FC Barcelone en progression mais un cran en dessous par rapport aux meilleures formations européennes. A l'issue de cette double-confrontation, Barcelone peut sortir la tête haute avec le sentiment d'avoir tenu tête à un Paris Saint-Germain bien mieux armé sur le papier.

Panos repousse les assauts parisiens

 

Sandra Panos, la gardienne du Barça s'est montrée intraitable en première période. Photo: Nelson Fatagraf

On peut le dire, la première heure du match a ressemblé à un attaque-défense. Le PSG a passé une grande partie du match dans le camp barcelonais, et avec la volonté de prendre l'avantage le plus rapidement possible. Shirley Cruz, Cristiane ou encore Kenza Dali, les parisiennes ont multiplié les frappes et les actions dangereuses dans la première demi-heure de la rencontre.

Des tentatives souvent cadrées mais qui se sont heurtées à une Sandra Panos impeccable en première période et qui n'a rien laissé passé comme sur cette tête de Cruz à la 9e minute où sur cette frappe enroulée de Kenza Dali à la 29e minute. Lorsque ce n'est pas Panos, c'est la défense barcelonaise qui vient suppléer sa gardienne comme sur cette double tentative à la 33e minute de Shirley Cruz et de Perle Morroni, la jeune latérale de 17 ans titularisée à gauche en l'absence de Laure Boulleau.

Dans cette première mi-temps à sens unique, la seule frappe coté barcelonais est signée Mélanie Serrano à la 45e minute, une frappe lointaine qui s'envole dans les airs sans danger pour Ann-Katrin Berger.

Le doute s'installe et le Barça à deux doigts de l'exploit

La seconde période reprend sur le même schéma que la première. Un paris haut, offensif, et qui étouffe Barcelone dès la récupération du ballon dans les 30/40 derniers mètres catalans pour empêcher toute relance ou contre-attaque. Dans ce domaine, le milieu de terrain parisien (Hamraoui, Seger, Dahlkvist) s'est montré efficace, avec l'aide des latérales qui ont joué la majeure partie du match dans le camp barcelonais.

Un début de deuxième mi-temps qui voit Paris trouver l'ouverture ou presque... Cristiane seule face au but croise trop sa frappe et manque le cadre à la 50e minute. Un raté qui provoque la colère de Shirley Cruz auteure d'un caviar de passe pour la numéro 10 brésilienne en position idéale de débloquer les compteurs parisiens. A la 56e minute, c'est Erika qui est proche d'ouvrir la marque sur corner mais sa tête passe à droite des buts catalans.

 

Kenza Dali, très remuante sur les côtés a distillé de nombreux centres avant de sortir à la 76e minute remplacée par Anja Mittag. Photo: Nelson Fatagraf

Des ratés qui vont progressivement miner la confiance des joueuses parisiennes. Des gestes d'agacement, de lassitude, et le sentiment que cette rencontre leur échappe alors que les Barcelonaises n'ont pas été capables de mettre en danger Ann-Katrin Berger. Le PSG est tout d'un coup moins patient dans la construction, des centres qui se multiplient mais qui ne trouvent pas preneuses et un Barcelone qui sort progressivement de sa coquille profitant d'un étau parisien qui finit par se desserrer après l'heure de jeu.

De plus en plus entreprenante, les Barcelonaises finissent par donner le frisson au Stade Charlety, garni de plus de 3.500 spectateurs. La faute à Barbara Latorre, entrée à la 75e minute et qui cinq minutes plus tard est à deux doigts de signer un hold-up comparable à celui que le PSG avait réalisé face à Lyon l'an dernier en huitième de finale de la Champions League.

Lancée dans la profondeur par Jennifer Hermoso, Barbara Latorre résiste au retour de Perle Morroni avant de buter sur Ann-Katrin Berger qui réalise un double sauvetage décisif face à l'attaquante du Barça. Cinq minutes plus tard, c'est Alexia Putellas qui tente une frappe de loin qui passe à quelques centimètres de la lucarne gauche du but parisien. L'orage passe et l'on sent surtout que le match et la qualification sont tout proches d'échapper au PSG. Mais à la 86e minute, le match bascule à nouveau et de manière définitive en faveur de Paris.

Cristiane qui avait manqué l'immanquable une demi-heure plus tôt, devient l'héroïne d'un soir pour le club de la capitale apportant le but de la qualification. Une réalisation de la tête qu'elle doit en bonne partie au centre lumineux de sa coéquipière Rosana, entrée à la 65e minute à la place de Kheira Hamraoui.

 

 

Rosana nous a parlé à la fin du match de cette action et de ce qu'elle avait pu noter depuis le bord du terrain, avant son entrée en jeu :

«  [J'ai pu observer] que lorsque le ballon était d'un côté, toute l'équipe de Barcelone avait tendance à aller vers ce côté. J'ai levé la tête et j'ai vu Cristiane démarquée [de l'autre côté]. Et je me suis concentrée sur ça, il fallait juste que j'envoie le ballon vers Cristiane, et j'étais certaine qu'elle allait marquer. »

Une intuition qui s'est révélée décisive puisque Cristiane a effectivement marqué avec l'aide (il est vrai...) de Sandra Panos. La gardienne de Barcelone, irréprochable sur l'ensemble du match, jusqu'à cet arrêt manqué sur la tête de Cristiane, laissant le ballon lui échapper et finir au fond des filets pour la première fois de la soirée.

La fin de match se révèle chaotique avec un FC Barcelone qui se rue à l'attaque et qui aura quelques situations chaudes en fin de match sans toutefois parvenir à frapper au but dans de bonnes conditions. Une victoire donc et un soulagement pour une équipe de Paris favorite mais qui a du attendre les toutes dernières minutes pour valider son billet pour les demi-finales et permettre à ses supporters plus nombreux qu'à l'accoutumée de pouvoir enfin exulter.

Photos: Nelson Fatagraf

Dounia MESLI