Arrivée au FC Metz à la trêve hivernale, la Germano-turque Melike Pekel qui joue avec l'équipe nationale de Turquie, a déjà inscrit 5 buts avec sa nouvelle équipe. Douée d'une vraie puissance dans son jeu, Pekel a le football dans le sang. Une joueuse qui ne lâche rien et qui a clairement marqué le club par son talent. Interview.

 


Coeurs de Foot - Comment s'est passée ton adaptation avec Metz ?
Melike Pekel - Ca s'est bien passé. Les filles m'ont super bien accueilli. C'est une bonne équipe avec de bonnes filles, qui ont du talent et qui jouent un bon football.

Coeurs de Foot - Quelle est la différence pour toi entre le jeu français et le jeu allemand ?
M.P. - Je pense qu'il y a le même niveau en première division entre la France et l'Allemagne, mais je pense qu'il y a un meilleur niveau de la deuxième division en Allemagne que la D2 française. Mais la Frauen Bundesliga et la D1 Feminine ont le même niveau.

Coeurs de Foot - D'accord, alors quel était votre objectif quand vous êtes venue à Metz ?
M.P. - Je voulais faire un pas en avant, progresser dans mon jeu, je pense que j'ai réussi cela en venant ici. C'est un bon changement pour moi, [c'est la possibilité] de faire mieux.

Coeurs de Foot - Tu as dit dans une interview à la DFB je crois, qu'une joueuse comme Vivianne Miedema, c'était bien pour ton ambition ?
M.P. - Oui c'est une bonne joueuse, oui.

Coeurs de Foot - Quand tu jouais avec elle au Bayern, tu avais un oeil sur ce qu'elle faisait ?
M.P. - Non, je pense que j'ai un bon niveau et elle a aussi un bon niveau également. Je peux apprendre d'elle, et elle peut tout autant apprendre de moi. 

Coeurs de Foot - Quand on a interviewé David Fanzel, il m'a dit qu'il voulait une attaquante qui marque pour son équipe, pour revenir dans la course au maintien. Est-ce que c'est quelque chose qui te met de la pression ou ça te booste ?
M.P. - Non, je pense que j'ai un travail à faire avec l'équipe [du FC Metz]. Ce n'est pas facile mais je suis motivée et je sais que je peux marquer.

Coeurs de Foot - Ok, et quand tu jouais avec le Bayern, c'était quand même bien formateur pour toi ?
M.P. - J'ai beaucoup appris avec le Bayern Munich. C'est une très bonne chose pour moi d'être dans ce club, parce qu'on a vraiment des entraînements très professionnels. C'est différent d'ici [en France].

Coeurs de Foot - Le fait d'être venue à Metz qui joue en D1 Feminine, c'est aussi une façon peut être d'attirer une autre attention sur toi ? Celle des médias français ? Parce que tu jouais avec la réserve du Bayern, donc jouer en première division en France, ça t'apporte peut être une plus grande visibilité ?
M.P. - Oui, oui. Parce que quand j'étais à Munich, je savais que j'avais les qualités pour jouer en première ligue, mais ils ne m'ont jamais donné la chance de le prouver. Donc j'étais contente de faire ce changement, en venant à Metz, c'était bon pour moi, c'était bon pour l'équipe [messine]. On a fait beaucoup de très bons matchs [depuis].

Coeurs de Foot - Tu as marqué 5 buts depuis c'est vrai. C'est une bonne satisfaction pour toi ?
M.P. - (sourire) Oui je suis contente (rires) d'avoir marqué 5 buts.

Coeurs de Foot - Votre dernière victoire c'était contre Saint-Etienne, samedi dernier, où tu vas même marquer le doublé de votre troisième succès.
M.P. - Oui c'était bien parce que si nous avions perdu ce match [contre l'ASSE] c'était fini pour nous, donc c'était super d'avoir gagné.

Coeurs de Foot - Qu'est-ce que tu attends de cette saison avec Metz finalement ?
M.P. - Je savais en venant ici, que Metz était à la dernière place [synonyme de relégation] et quand je suis venue je me suis promis à moi-même de changer quelque chose [à cette situation] de faire tout ce que je pouvais pour cette équipe. Oui de faire quelque chose de bien, avec les filles bien sûr, en équipe, toutes ensemble, de faire de bons matchs.

Coeurs de Foot - Pour parler de l'équipe nationale turque. Comment ça se passe pour toi ?
M.P. - (sourire) Oui je suis chanceuse [d'y être]. Lors des qualifications à la Coupe du Monde 2019, nous avons fait trois matchs, avec deux gagnés et le dernier nous avons perdu 2-1... Je pense qu'on a fait un mauvais match (soupir) mais on avait un mauvais arbitre dans cette rencontre (baisse la tête) et tout allait de travers pour nous. C'est la vie. Dans le football ça arrive tout le temps. Tu gagnes, tu perds (hoche les épaules).

Coeurs de Foot - Quelle est la vision du football féminin en Turquie ?
M.P. - En Turquie ? Il n'y a pas un grand niveau aujourd'hui. Ce n'est pas comme en France ou en Allemagne, mais peut être que dans les cinq prochaines années, ça pourrait s'améliorer, je l'espère car il y a des joueuses talentueuses qui ont les qualités pour jouer à un haut niveau, en Europe.

Coeurs de Foot - En t'ayant vu jouer, on peut qu'apprécier ton niveau, qui est très bon. Comment tu as acquis ce niveau ? Avec le Bayern ? Parce que je sais que tu as été repérées par le club munichois alors que tu jouais avec un autre club juste avant, où tu avais fait sensation.
M.P. - Oui je jouais avec une équipe du troisième niveau avant le Bayern et j'avais marqué beaucoup de buts avec ce club. Ils ont vu mes statistiques et c'est à ce moment qu'ils m'ont contacté pour les rejoindre.

Coeurs de Foot - Tu veux repartir au Bayern ou rester ici la saison prochaine ?
M.P. - (rires, gênée) Heu oui c'est une question difficile... (hésitation) C'est difficile à dire... (hésitation) Je ne sais pas (sourire).

 

Un grand MERCI à Getter Laar qui nous a bien aidé lors de cet interview.

 

Photo : Rene Bach

Dounia MESLI