Avant la finale de Ligue des Championnes face à Wolfsburg, Jean-Luc Vasseur et Wendie Renard ont réagi à ce match fatidique, pour tenter de décrocher leur 7e titre dans la compétition.

 

Journaliste - Ça sera ta quatrième finale contre Wolfsburg. Est-ce que tu t'attends à un match identique aux précédents, un match très serré, à l'issue incertaine ? Quel souvenir tu gardes de cette dernière finale contre Wolfsburg en 2018 (victoire 4-1) ?
Wendie - C'est vrai que quand on regarde les deux effectifs, ils ont très peu changé, très peu évolué, donc on s'attend à un match toujours compliqué, c'est une finale de Ligue des Champions. Ça sera serré, difficile, mais les dernières ont été favorables pour nous, donc j'espère que demain, on aura la même issue. On sait à quoi s'attendre, et on sait quoi faire pour aussi, pour avoir la même issue pour cette finale.

Journaliste - Sur l'état physique de l'équipe et sur la mission que renvoie cette finale de Champions League (égaler le Real Madrid masculin)
Jean-Luc Vasseur - Exactement, le terme est mission, concentré, esprit commando, regroupé entre nous, focus sur la manière dont on devra manœuvrer demain. A part Niki [Nikita Parris] qui pourra pas jouer, on espérer encore récupérer Amandine [Henry], mais il reste quelques heures pour le savoir.

W. R. - Je complète totalement ce que le coach à dit, avant de parler de l’histoire il faut d’abord jouer, c'est vrai que les derniers matches, on est monté en pression. Maintenant le groupe est presque au complet, c'est à nous de savoir ce qu'on veut et si on veut continuer à écrire l'histoire, il va falloir le faire ensemble demain et surtout se faire mal. Parce que encore une fois c'est une finale, et ça va être difficile, y'a une équipe en face qui a envie de la remporter, et il n'y a qu'une seule coupe, encore une fois c'est à nous de savoir ce qu'on souhaite.

Journaliste - Défi physique en quart et demi, vous vous attendez demain à ce type de match ?
J.L. V. - On ne va pas attendre, ça ne sera certainement pas l'attitude qu'il faudra avoir demain, on sera être maître de notre destin. On va être en pleine action, et je pense que nous on sera déterminé, beaucoup de vigilance, de concentration, d'application, de respect sur notre adversaire, mais on aura pas cette question de se demander à être surpris [de notre adversaire], on ne peut pas, c'est une finale. A aucun moment on peut l'être [attentistes] et on mettra toutes nos qualités en exergue, et à fond, pour que demain on puisse réussir ce qu'on a envie de faire. Déjà bien jouer, avoir la maîtrise du ballon, du jeu, et puis se procurer des occasions pour les mettre au fond, c'est sur cela qu'on est focus aujourd'hui.

W. R. - On connait très bien les équipes allemandes, très athlétique, physique, elles jouent avec leur qualité. Maintenant c'est à nous aussi d'hausser notre niveau sur ce plan là, on est capable de le faire. Encore une fois c'est une finale, donc l'agressivité il va y en avoir, pour gagner les duels, pour se mettre dans le match, c'est assez important d'entrée d'en mettre de l'intensité, et sur ce plan-là je pense que nous sommes prêtes. C'est à nous de savoir ce qu'on veut et nous sommes prêts à être au combat demain et on va l'être.

Journaliste - Au sujet de la demi-finale de Wolfsburg face au Barca (gagnée 1-0).
J.L. V. - Non il faut se nourrir aussi de ce qui s'est passé, des derniers matches et effectivement ce dernier match contre Barcelone, ça nous a éveillé sur certaines choses. On ne jouera pas comme Barcelone, parce qu'on a notre identité de jeu, mais il y a des choses qu'on peut éventuellement essayer de répéter et ça je le garderai pour moi et mon équipe, mais c'est vrai qu'on a vu cette équipe de Wolfsburg un petit peu en difficulté sur certaines phases. Mais si on se procure des occasions, c'est pour les mettre.

Journaliste - Vous avez gagné tous les titres, vous incarnez l'ADN de l'OL 
W. R. - C'est le travail, les victoires, c'est encore une fois tout le bonheur qu'on peut partager avec les personnes du club, qui travaillent par moment dans l'ombre pour nous mettre dans les meilleures dispositions, le Président Aulas qui a su croire en nous depuis plusieurs saisons. C'est à tout cela qu'on pense, à des moments clés, on se dit qu'on la chance de faire ce qu'on aime, le haut niveau, de s'épanouir sur le terrain, de s'exprimer, avec un staff, avec des joueuses. Ça fait plusieurs saisons, que sur le plan européen, on répond à chaque présentes, il faut que ça continue. Encore une fois, il y a des arrivées et des départs et il faut toujours garder cet esprit de compétitivité et de faire mal. Faut pas être rassasiées, parce qu'on galère, quand on fait nos exercices etc quand on voit pas nos familles, qu'on part pas vacances, et à la fin quand on soulève le titre, on se dit qu'on n'a pas fait tout ça pour rien. J'ai choisi de faire du foot, je savais à quoi m'attendre, mais je suis heureuse de voir ma famille, heureuse pour moi. Et de voir aussi mes coéquipières se féliciter ensemble, avec tout un club, c'est ça qui fait la force de ce collectif. On a toujours soif, peu importe la situation et vous pourrez toujours compter sur l'OL pour être présent.

Journaliste - Qu'est-ce qui fait la régularité de l'OL par rapport aux autres clubs ?
W. R. - On peut l'expliquer par le travail. Encore une fois je l'ai dit, on est un collectif depuis plusieurs saisons et il y a un Président qui a cru en sa section féminine, qui met les moyens, qui a réussi à créer une très bonne équipe au plus haut niveau. Il y a des filles qui partent et d'autres qui arrivent, et le plus important c'est d'essayer de garder cet ADN, de gagner des titres, de se faire mal ensemble et puis de rester au plus haut niveau, parce que c'est toujours comme ça, quand tu gagnes des titres, l'année suivante tu as envie d'y regouter, donc c'est comme ça qu'on continue à rester au plus haut niveau, on respecte tout le monde, on garde notre humilité, parce qu'on sait que c'est très difficile et on est de plus en plus concurrencé, maintenant c'est comme ça, c'est ça qui fait aussi qu'on se remet en question et il n'y a pas de détails [laissés au hasard], il faut de la rigueur, c'est ce qu'on fait au quotidien, c'est la récupération, c'est plein de choses. Ça fait des saisons qu'on est au top et qu'on a envie d'y rester, et pour ça on sait qu'on est suivi de près, et il faut faire plus d'efforts que nos adversaires. Par moment c'est dur, mais on essaye de tenir du mieux qu'on peut, et pour l'instant ça nous sourit, donc il faut encore se faire violence et pour aller chercher ce trophée demain.

Journaliste - Avez-vous pris Gunnarsdottir à part pour avoir son idée sur ses anciennes coéquipières de Wolfsburg ?
J.L. V. - Exactement, on a eu une petite discussion avec Sara [Gunnarsdottir] parce que forcément elle les connait bien, elle était dans cette équipe-là il y a encore quelques semaines et effectivement, c'est un avantage qu'on a par rapport à Wolfsburg. Mais j'ai aussi mon staff qui travaille, les joueuses connaissent aussi la plupart de leurs adversaires de demain. Ça veut dire qu'on sait où on va, on a un peu plus de précisions sur les choses, mais c'est une manière aussi d'appréhender ce match. En ayant l'ensemble des infos sur les joueuses en face.

Journaliste - Ce final 8 à huis clos sans supporter, besoin de motivation en plus pour l'équipe ?
W. R. - Non a conscience collectivement de l'enjeu, on sait que c'est après plusieurs mois d'arrêts, on sait que ce n'est pas facile, parce qu'encore une fois, il faut mettre la machine en route. Ce genre de match on le joue en mars/avril, là on le joue début de saison, alors qu'on vient de faire une grosse préparation. Il faut se faire mal, il y a déjà des titres importants à aller chercher. Si t'es pas motivé pour ce genre de match, tu le seras jamais. Après bien sûr, il y'a beaucoup plus de déchets que d'habitude, et moins de rythme mais c'est là où on doit encore plus se faire violence et s'assister collectivement. La motivation est là, et tout le monde a envie d'aller chercher ce trophée collectivement.

Journaliste - Lyon favori ? Finale indécise ?
W. R. - Elles sont toutes indécises (sourire). Ce sont les ingrédients qu'on va mettre, qui vont déterminer l'issue du match. Pour moi quand tu fais une finale, il n'y a pas de favori même si le palmarès parle peut-être pour nous, et l'expérience sont pour nous. Mais quand on démarre un match, c'est tout le monde au même niveau, il n'y a pas de favori. Maintenant si tu gagnes tes duels, si tu as le ballon, la maîtrise du match, tu as plus de chance de remporter ce match. 

Mais on l'a vu encore dans le passé, qu'on peut maîtriser le match et ne pas gagner. Il faut être efficace dans les deux surfaces. C'est complètement différent des autres années, c'est pas facile après 5 mois d’arrêt, mais une finale ça reste une finale et il faut la gagner !

Dounia MESLI