Le football féminin français a de nouveau livré, ce dimanche à Charléty, une image difficile à défendre. À l'occasion du derby de la région parisienne entre les joueuses du Paris FC et celles du PSG, l'enceinte du 13e arrondissement est restée largement déserte : moins de 2 000 spectateurs ont répondu présents, alors que le stade peut en accueillir jusqu'à 20 000.

Face à ce constat, inutile de se voiler la face ni de trouver des justifications faciles. Encore faut-il rappeler le contexte de cette journée particulière. Dans la capitale, les amateurs de sport avaient l'embarras du choix : le Paris FC masculin recevait Monaco à Jean-Bouin, juste à côté, tandis que la salle de Coubertin vibrait pour le choc de handball entre le PSG et Montpellier. Confrontés à plusieurs rendez-vous de premier plan programmés le même jour, nombreux sont les supporters parisiens qui ont dû arbitrer leurs priorités, souvent au détriment du match féminin.

Une équation qui pose directement la question de l'organisation. Il revient désormais à l'Arkema Première Ligue d'inscrire la programmation de ses rencontres dans la cohérence avec les calendriers des équipes masculines. Choisir les bons jours et les bons horaires, c'est donner aux amateurs la possibilité réelle de venir soutenir les joueuses, au lieu de les contraindre à un choix impossible.

Car au-delà de la frustration d'une soirée, c'est tout un championnat qui est en jeu. En matière de renommée, de rayonnement médiatique et de pouvoir d'attraction, la première division féminine française conserve un chantier considérable devant elle. Un derby entre deux clubs de la même agglomération, avec le PSG en vitrine, devrait attirer les foules et remplir les gradins.

Le score d'affluence de Charléty sonne donc comme un rappel à l'ordre. Les talents existent, la rivalité sportive aussi : il ne manque plus que le public. À l'heure où le football féminin rassemble de plus en plus de passionnés, il est urgent que les instances du championnat et le mouvement Paris FC – PSG fassent de la prochaine affiche francilienne un vrai rendez-vous populaire. Les joueuses, elles, attendent des tribunes pleines et non des rangées vides : c'est à tous les acteurs de la balle au pied féminin de relever ce défi, et sans attendre.

 

Agbémégno DAGBOVI

Crédit Photo : Paris FC

Dagbovi Desiré