Les Monégasques de l'AS Monaco Football Féminin viennent d'obtenir leur montée en DH (Division d'honneur - troisième division) pour la saison prochaine. Une réussite sportive qui va avec de nouvelles dépenses et la nécessité de préparer une saison qui n'aura pas la même saveur en fonction des moyens du club, et donc de la capacité des joueuses à se focaliser sur les aspects sportifs et continuer de progresser.

C'est dans cette optique que l'AS Monaco Football Féminin a lancé une démarche de crowdfunding, initiée par Thomas Martini, bénévole et responsable des opérations au sein du club.

 Un financement participatif via lequel Monaco espère récolter plusieurs milliers d'euros pour faire face aux dépenses de la saison prochaine, au premier rang desquels le transport des joueuses pour les déplacements à l'extérieur (évalué à 7500 euros par le club). Ce mode de financement peut sembler étonnant à première vue, c'est pourtant une nécessité.

Un club indépendant de l'équipe masculine

Contrairement aux apparences, l'ASMFF n'est pas le pendant de l'équipe masculine et ne dispose pas d'un soutien direct du deuxième club le plus riche de France. Sous l'égide de l'AS Monaco omnisports, l'ASMFF est un « club indépendant » des masculins.

Comme le raconte Manon Walawender, gardienne de l'ASM FF, elles ont pu voir les joueurs de l'ASM FC « à la télé » ou « jouer au stade », mais n'ont pas de lien direct avec l'équipe masculine. Malgré tout des contacts existent entre les dirigeants de deux équipes, pour le moment de manière informelle.

 

Manon Walawender à la parade dans les buts de l'AS Monaco

Les joueuses partagent les installations utilisées par les équipes de jeunes de l'ASM, comme le stade des Moneghetti à Beausoleil. Une situation paradoxale, avec une apparence de moyens presque illimités et la réalité d'une équipe promue en DH et qui comme les autres cherche les moyens de grandir et d'assurer sa pérennité sportive.

Jouer à l'AS Monaco a pourtant quelques avantages. Malgré le statut amateur du club, une campagne de communication inspirée des formations professionnelles a été lancée en début de saison. C'est Vanessa Tomaszewski qui nous l'explique. Attaquante de l'ASM FF, elle a du mettre le football entre parenthèses après une blessure au genou qui l'a tenu éloignée des pelouses toute la saison. Son absence des terrains, elle l'a compensé par son engagement bénévole auprès du club dans la communication autour de l'équipe. C'est un nouveau défi pour elle et qu'elle compte relever en s'appuyant sur ses compétences en marketing digital.

Donner de la visibilité à l'équipe et aux joueuses...

Récemment diplômée en école de commerce, elle s'est chargée de créer le nouveau site internet du club mais aussi de développer la visibilité de l'équipe sur les réseaux sociaux. Une démarche qui commence d'abord auprès des supporters de l'ASM, pas forcément au courant de l'existence d'une équipe féminine. S'appuyer sur le rayonnement de Monaco pour faire connaître l'équipe ? Une démarche qui a plutôt fonctionné pour un club qui évoluait cette saison en District et qui compte déjà plus de 2200 fans sur Facebook et quelques centaines de followers sur Twitter.

 

L'AS Monaco FF au complet, avec les joueuses, le staff technique et les dirigeants du club

Préparé depuis plusieurs mois par Thomas, Vanessa et André-Pierre Couffet, le président du club, le projet de crowdfunding est lancé début juin. A l'occasion de l'Euro 2016, les filles de l'AS Monaco en profitent d'ailleurs pour se faire connaître et faire la publicité de leur crowdfunding. Tout azimut, elles sollicitent des entreprises monégasques, sportifs et médias de la Principauté et bien sur leurs entourages et les supporters, qui sont parfois les mêmes personnes. Un démarchage qui se fait via les réseaux sociaux et sur le terrain.

Et se préparer au haut niveau

L'objectif de cette initiative est de poser quelques jalons en vue de l'accession de Monaco au haut niveau. La récente ascension de l'Olympique de Marseille montre que la course de vitesse est lancée entre les grands clubs français pour être présents au plus haut niveau chez les filles. C'est l'ambition affichée au travers de ce crowdfunding, accéder au niveau national (au moins la D2) et développer la pré-formation. Une manière de préparer l'avenir pour une équipe consciente que la montée ne sera pas automatique. Dans une DH qui s'annonce relevée avec les nombreuses descentes de D2 pour la saison prochaine, Monaco ne regardera pas forcément vers le haut dès le premier exercice.

 

Le caoch monégasque, Jean-Louis Djighaly, en train de donner ses consignes d'avant-match aux joueuses

C'est d'ailleurs le message de l’entraîneur, Jean-Louis Djighaly, qui ambitionne de « figurer en première partie de tableau » dès la saison prochaine, mais qui dans le même temps ne veut pas « brûler les étapes ». Pour lui, les montées doivent aller avec une évolution et un développement du club. Sur le plan sportif, cela veut notamment dire « s'appuyer sur la formation et la pré-formation », la création d'une équipe réserve, mais aussi envisager dès maintenant de recruter de nouvelles joueuses pour la saison prochaine, une tâche immédiate qui attend le coach de l'ASM.

 

La capitaine de l'ASM FF Anne-Laure Bonnet félicite sa coéquipière Naily Bonifacio

Pour aider l’AS Monaco Football Féminin à financer sa montée en DH, rendez-vous ici : http://www.fosburit.com/projets/projet/soutenez-la-montee-en-dh-de-las-monaco-football-feminin/

 

Dounia MESLI